Mercredi 10 août 2005
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Pendant des années je répandais par périodes sur le web, avec des mots jaillissant trop rapidement pour être tous inscrits, inepties à intérêt aléatoires en me démerdant pour avoir toujours raison ou le dernier mot. Sans retenue ni consensus, quitte à faire pleurer en brisant certaines illusions, j’emmerdais mon monde virtuel du boulot, de la maison ou du lointain. Clean ou dépouillé, libre ou cocu, invariablement dérisoire et spontané, variablement con, lourdement alterécolo, déchaînant à l’occasion les passions, au pire l’indifférence dédaigneuse ou pas, régulièrement les insultes plus ou moins inspirées. Un fameux délice d’ailleurs que de les recevoir, bien caché que j’étais derrière une vraie fausse excuse psychosociologique… et une absence totale de susceptibilité
Jusqu’à cette mutation incompréhensible
Plus rien de chez rien de rien de chez rien de bordel de rien du tout.
Plus de fontaine.
Si lâche face à cette méditation imposée, je me suis cloîtré, décidé à poursuivre mes débris d’esprit.
Ne se sont discernées qu’incohérences floues et désordonnées… Pas un quart de buvard d’idée, pas la moindre question… Alors j’ai creusé encore et encore l’abîme, et en ai extirpé douloureusement quelques bribes de phrases (« le tic du clavier respire la crasse, »… « nihilistes syndiqués se convertissent au taoisme» …) qui courraient en fait après quatre mots plus clairs qu’il fallait dissimuler à la publication sur le web pour qu’ils soient reflétées par les audiences aléatoires : JE SUIS TROP CON.
Une fois la cruelle vérité spirituelle établie, et l’intellect, lui, fonctionnant encore, ce matheux pouvait opérer son pointage de l’acquis existant :
Du Schopenhauer en amour, du loser en business…
Rien à avoir, rien à être, rien à exprimer, rien à disséquer avec des mots vides de sens dans une pièce vidé de son caractère.
Une apathie globale pas fascinante, pas éclairante, pas amusante, carrément chiante.
C’est le vide total et j’avais rien d’autre à raconter, alors je me suis lancé. Et j’ai enchaîné les mots, les phrases, les paragraphes de l’état des lieux perdus.
Et je relis… et vlà l’affaire… plus j’approche la vérité et plus elle est diurétique.
J’ai honte. Tant pis, j’envoie le texte à mon meilleur pote, faut que je sache ce qu’il pense de cette métamorphose.
Reply : « va te vider les couilles ordure ».
J’ajoute à ma liste d’acquis que je n’ai plus de meilleur pote dans une sérénité qui m’étonne. Je me dis qu’il va me rappeler ou alors que je m’en bas.
J’essaie une vieille copine, c’est normal ce changement, tu sais toi ? « il faut te reprendre mon petit … ainsi va la vie, après la pluie, le beau temps, on peut se voir si tu veux ».
C’est mort pour les conseils éclairés et en plus il va falloir trouver une excuse…
Ca craint, tous crétins…
J’ai perdu mon âme, c’est ça?
- Mon cul mika, ça faisait partie du vrai faux masque...
Jusqu’à cette mutation incompréhensible
Plus rien de chez rien de rien de chez rien de bordel de rien du tout.
Plus de fontaine.
Si lâche face à cette méditation imposée, je me suis cloîtré, décidé à poursuivre mes débris d’esprit.
Ne se sont discernées qu’incohérences floues et désordonnées… Pas un quart de buvard d’idée, pas la moindre question… Alors j’ai creusé encore et encore l’abîme, et en ai extirpé douloureusement quelques bribes de phrases (« le tic du clavier respire la crasse, »… « nihilistes syndiqués se convertissent au taoisme» …) qui courraient en fait après quatre mots plus clairs qu’il fallait dissimuler à la publication sur le web pour qu’ils soient reflétées par les audiences aléatoires : JE SUIS TROP CON.
Une fois la cruelle vérité spirituelle établie, et l’intellect, lui, fonctionnant encore, ce matheux pouvait opérer son pointage de l’acquis existant :
- • La nana que j’aimais, bien trop jeune, s’est barrée en me donnant une leçon de maturité et après deuil consommé, j'en ai la chiasse.
- • Mes clients (et ma famille) me prennent pour un feignant incompétent derrière leur sourires faux culs la praline et je fais rien pour en trouver des nouveaux.
- • Mes associés dans le seul projet un peu ambitieux et personnel sont des alcooliques populos
- • j’ai plus une thune pour changer de pays.
Du Schopenhauer en amour, du loser en business…
Rien à avoir, rien à être, rien à exprimer, rien à disséquer avec des mots vides de sens dans une pièce vidé de son caractère.
Une apathie globale pas fascinante, pas éclairante, pas amusante, carrément chiante.
- C’est le vide mika, et t’as plus le goût à rien…
C’est le vide total et j’avais rien d’autre à raconter, alors je me suis lancé. Et j’ai enchaîné les mots, les phrases, les paragraphes de l’état des lieux perdus.
Et je relis… et vlà l’affaire… plus j’approche la vérité et plus elle est diurétique.
J’ai honte. Tant pis, j’envoie le texte à mon meilleur pote, faut que je sache ce qu’il pense de cette métamorphose.
Reply : « va te vider les couilles ordure ».
J’ajoute à ma liste d’acquis que je n’ai plus de meilleur pote dans une sérénité qui m’étonne. Je me dis qu’il va me rappeler ou alors que je m’en bas.
J’essaie une vieille copine, c’est normal ce changement, tu sais toi ? « il faut te reprendre mon petit … ainsi va la vie, après la pluie, le beau temps, on peut se voir si tu veux ».
C’est mort pour les conseils éclairés et en plus il va falloir trouver une excuse…
Ca craint, tous crétins…
- Surtout quand ils ont raison tes potes mika,
T’es qui toi ? J’ai perdu mon âme, c’est ça?
- Non t’es trop con mika, c’est tout, c’est pas rien,
- Juste ta gueule maintenant steup
- Juste ta gueule maintenant steup
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