Jeudi 16 juin 2005
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Un jour je terminerai ce texte...
chapI, Rishikesh, 1000m, 40°C
J’arrive à l’aube dans la ville sacrée. Les quarante heures de train furent évidemment interminable, mais la demi-heure de rickshaw [taxi miniature à trois roues] qui suit est bien pire.
Mes sens sont trop éprouvés pour pouvoir apprécier l’endroit.
Après un thé et une galette de pain, la rivière se laisse apercevoir. Elle n’a plus le même aspect que dans la plaine. Elle n’est plus large et paisible, mais étroite et violente, encerclé par les rochers, plutôt que par les bancs de sables.
Je dois emprunter l’énorme pont piéton métallique pour me rendre à Laxmanjula, c’est un petit village collé à la ville, « Ze place to be in Rishikesh » dixit les habitués de l’endroit. Ce pont se révèle finalement être plus un obstacle qu’un moyen d’en franchir un autre. Il tangue énormément et il y a environ une douzaine personnes au mètre carré; une famille de touristes indien, des porteurs, des vendeurs de souvenirs, de friandises huilées, des guides pour la montagnes, un autre touriste occidental débordé par son sac de 37 kg et moi qui, sans sac et une taille d’indien me faufile, inarrêtable, fatigué et impatient.
La Bombay Guest House est une superbe maison coloniale sur deux étages, avec petit jardin à l’extérieur, deux cours intérieurs entourées de petites arcades et avec une grande terrasse au premier, vue imprenable sur le fleuve et la vallée. On ne m’avait pas menti, c’est un endroit très agréable.
Une vingtaine de chambres, une seule de libre, au premier, elle est pour moi. Haut plafond, une grande fenêtre donne sur la montagne, la paillasse est double et relativement épaisse [équivalent de 3 ou 4 couvertures les unes sur les autres]. Parfait…
« Bom Bom !? »
Je me retourne sans délai. Un shillum serait effectivement bienvenu pour commencer mon acclimatation. Un hippy aux longues dreadlocks, d’une trentaine d’année, est là sur la terrasse, installé en tailleur sur un lit en bois dépourvu de matelas, il me regarde en souriant.
« Bom ! »
Je ne pouvais que lui rendre son sourire et aller m’asseoir en sa compagnie.
Après quatre ou cinq de ces pipes typiquement indiennes et destinées originellement à la prière dans les temples de Shiva, mes sens sont maintenant parfaitement en éveil et je connais tous les occupants de l’étage. Mis à part Tom le hippy Allemand qui évolue entre l’Asie et l’Europe depuis de nombreuses années, les autres sont de jeunes voyageurs vivant leurre première expérience dans un autre monde.
Les deux premiers jours se passent ainsi, tranquillement, avec Tom et les djeuns. L’atmosphère est conviviale, musicale et sereine. Promenades, shillums, restaurants, rencontres de chai shop [stand à thé] rythment un repos peut-être pas si mérité.
CHAP II
Je suis à Rishikesh depuis deux jours, et ce soir, plutôt que m’endormir facilement, des questions surgissent.
Une en particulier : mais qu’est-ce que je fous ici ?
Le maître de yoga que je souhaitais voir semble introuvable, et je n’ai aucune envie de prendre des risques avec un inconnu, alors maintenant quoi faire de ces 12 prochaines journées? … Le taux de THC l’emporte enfin sur le questionnement et je m’endors dans mes pensées.
Je me réveille et je sais que je vais changer d’air. Et où aller, sinon plus loin dans la montagne ? Elles, là, immenses, majestueuses, juste devant. Il y fait encore froid, il y a encore de la neige, mais c’est décidé je pars remonter la vallée. La marche sera le yoga de ces vacances.
Je sors prendre mon petit déjeuner avec un but, décider laquelle gravir et me renseigner sur l’horaire des bus.
La route évidente est celle de Ganghotree, la source du Ganges. Mais elle est trop évidente, trop longue. Mes yeux s’égarent sur la carte de la région. Ici, des routes pédestres, là des villages reculés… Oh, un lac… à 3300m…Et un chemin, qui y mène…
C’est Dodital, un lieu sacré me dit-on, l’endroit de naissance de Ganesha, très populaire l’été, mais à cette époque il n’y aurait pas là-haut âme qui vive. C’est à deux jours de marche d’Uttarkashi, à 120km, 10 heures de bus de Rishikesh.
J’ai trouvé ma destination, et mon bus, demain matin à 6:30.
Je finis la journée au bord de la rivière. Le long bain espéré, purification symbolique et superstitieuse avant de m’éloigner quelques jours de ce permanent flux d’eau si fascinant, se termine en lutte vaine contre le courant et plusieurs dizaines de mètres plus loin.
Ma dernière soirée à la Bombay House se passe comme les précédentes, musiques, histoires, sourires et fumées, tranquillement et amicalement.
Les au revoir sont très chaleureux et c’est bon pour l’ego. Je suis bien, heureux d’aller me coucher, heureux de partir, heureux d’avoir un but pour ces vacances. Rishikesh m’a déçu, je n’ai pas trouvé d’authenticité ici, ceci me confortant dans l’idée que le tourisme de masse ravage ce genre de lieu, le pouvoir de l’argent tuant à petit feu le pouvoir de la place.
Cette nuit je rêve de neiges éternelles.
chap III Rishikesh, 6 :10
Je cours à travers le pont, remonte la pente jusqu’à la route, vite un rickshaw.
« Bus Stand! Quick! extra money for you if extra quick my friend, me very late ».
Il est 6:20 et je n’ai pas envie d’attendre deux heures le bus suivant. Le rickshawdriver a bien compris et il accélère à mort, conduisant comme un fou et se retournant toute les dix secondes pour juger de ma satisfaction.
« Extra money for you my friend if you look only at the road!”
J’ai soudain l’horrible intuition que la journée va être très longue. Ouf le bus est toujours là. Il reste même une place assise près de la fenêtre. Timing parfait en fait.
En état de somnolence, les yeux à moitié ouverts, je me fonds dans le défilé du paysage. J’ai 10 heures à passer à cette place, mieux vaut ne pas les compter…
« Lunch stop, 30 minutes ! »
Il est 10:30 et je n’ai pas faim. Je sors me dégourdir les jambes et me rafraîchir. J’achète deux bananes, bois un chai, puis l’eau locale, en toute confiance… les mauvaises habitudes prises dans ce village où je travaille et où l’eau est parfaitement potable.
Cette pause m’a réveillé. C’est un nouveau voyage qui commence. Je regarde dans le bus les Indiens qui me regardent en rigolant et me laisse embarquer dans une conversation sans fin avec mon voisin qui par malheur parle Anglais.
Tout l’art dans ces situations consiste à couper court aux questions d’usage (« what is your name, where are you from, what is your purpose of visiting India, how many brothers and sisters, are you married, what is your profession…”) sans toute fois offenser l’interlocuteur. Pour ça pas de méthode, mais un bon sens de l’improvisation, de la repartie et surtout un grand sourire.
Raté, il n’a pas apprécié mon humour improbable. Par contre j’ai éveillé la curiosité des deux étudiants de devant. C’est reparti… Je cède gentiment pour ne pas me mettre tout le bus à dos ; tous ils attendaient ces réponses. Tous ils rient de plus belle puis enfin détournent leur attention.
Je sors mon bouquin, lit quelques pages, mais m’abandonne de nouveau dans la contemplation de ces sommets qui se dessinent de plus en plus précisément. Une drôle de sensation m’envahit soudain. Ca vient de l’estomac et ça me transperce les intestins.
« Please mr driver, stop 2 minutes, me having big problem
- we stop in half an hour
- no sir, half an hour too late, waiting no possible”
Face à mon insistance légitime, le bus s’arrête. Ouf ! Trouver de l’eau, une cachette et ahhhh… Ca va mieux, mais ça ne va sûrement pas durer, les dernières heures de bus vont être très pénibles.
CHAP IV
C’est la dernière pause avant l’arrivée et je remarque seulement maintenant qu’il y a un autre occidental dans le bus. Je m’approche et me présente.
Il est français aussi, environ 45 ans, chemise en laine à gros carreaux, chaussures de montagne. Il doit avoir chaud le pauvre. Il semble très gentil, un peu perdu et dépassé par les us locaux, digne de confiance donc.
Uttarkashi, 1800m, sans surprise et un peu de ma faute, le bus est en retard. Le soleil est couché et il commence à faire froid. Afin d’économiser quelques roopees, nous décidons de partager une chambre. L’hôtel n’a aucun caractère, mais une belle vue, et surtout de l’eau chaude et des toilettes, conforts indispensables vu la dysenterie que je subis depuis quelques heures et qui va probablement m’empêcher de dormir cette nuit.
Je fais plus ample connaissance avec Francis. C’est un Vrai personnage, un agriculteur qui a trimé toute sa vie et qui subitement s’est payé un A/R pour l’Inde. Simplicité, sens en éveil, esprit ouvert, cet homme apparemment peu éduqué par les livres, vie dans la réalité, la respecte et l’accepte humblement. Il me raconte son voyage avec une naïveté, une fraîcheur étonnante et rare ; ça change des stéréotypes et autres lieux communs entendus des djeuns à Rishikesh…
Le mal de bide l’emporte et je vais me coucher.
Pas pour longtemps. Comme prévu, je passe la moitié de la nuit dans la salle d’eau avec un mal de crâne impossible.
Au petit matin je suis en miettes et condamné à rester dans cette petite ville peu attrayante jusqu’à ce que mon organisme soit de nouveau en état d’assimiler de l’eau et de la nourriture.
Francis a prévu de continuer jusqu’au bout de la vallée, 10 heures de bus de plus pour lui. M’ayant vu évoluer avec un sac minuscule, il décide de garder la chambre et de laisser ses affaires ici. Il les récupérera à son retour. Je ne peux m’empêcher de penser qu’il le fait aussi par gentillesse et compassion, sachant que lui parti, j’aurai été obligé de changer pour une chambre moins confortable.
Je reste seul toute la journée. J’essaie de dormir, je mange bananes, biscuit, yaourt, bois beaucoup d’eau (filtrée). Je me concentre pour accélérer la guérison. Il faut que je décolle demain.
Francis a laissé son carnet de voyage sur la table de la chambre. La lassitude et la curiosité m’incitent finalement à le feuilleter. Il y raconte son arrivée à Delhi et sa rencontre le premier jour avec un homme qui attendait ses vaches à l’ombre d’un arbre, au plein cœur de la ville. Francis ne parle ni anglais ni Hindi, mais il s’en ai fait un ami en quelques minutes, le revoyant plusieurs fois.
J’étais scotché. Il m’avait fallu des semaines lors de ma première visite pour assimiler que dans les villes de ce pays, il y a des vaches, des buffles, des chiens, des porcs, des dromadaires, des éléphants, des poules, des singes, des rapaces… Que c’est normal et compatible avec la ville… Lui en quelques heures connaissait déjà les vaches et leur vacher par leurs noms !
Je dors un peu mieux, mes activités évacuatrices s’espacent et la migraine se dissipe peu à peu.
Chap V
Réveil à l’aube avec un peu plus de peps. Je sors, m’achète un encas local, l’avale. Ca a l’air de passer un peu mieux. Je prends le risque de partir, quand même très diminué.
Direction le marché, soupes lyophilisées, noodles, thé, café, chocolats, biscuits, piles électriques, cigarettes, petite cuillère, verre et petit contenant en métal pouvant servir aussi bien de casserole que d’assiette, bougies, allumettes, gants, chaussettes et bonnet en laine.
Je suis prêt. J’attrape une jeep de locaux qui m’emmène au départ du trek. La route n’en est pas une. C’est une succession de trous et d’obstacles formés de temps à autres par des plaques de goudrons rescapées de longs été de mousson et de rudes hivers enneigés. Ce trajet n’arrange pas mon estomac.
Nous arrivons dans un minuscule hameau. Trois bouts de cabane en bois, dans la boue, à la fin de la route. Après, un pont en bois suspendu comme dans les films, un virage et au loin, derrière, des sommets. Nous sommes à 2000m et la canicule de la plaine semble bien loin.
Je m’informe sur les conditions et évoque le lac. Les locaux sont surpris par mon arrivé. Il est midi et tard pour entreprendre cette marche de plusieurs heures (à destination du dernier village où l’on puisse dormir avant Dodital). J’apprends également qu’il y aurait quelqu’un là-haut. Un saddhu Sanyasi veillant sur le temple depuis plusieurs années, toute l’année.
Et aussi que la neige n’a pas encore complètement fondu. Les regards de l’assistance se portent sur mes pauvres tongs.
« You, no shoes???
- No, me no liking shoes, no needing in the flat country, no taking, me no thinking here cold and snow, so much hot there… me little stupid sometimes, but very nice socks I have”
Et je leur montre mes belles chaussettes de laine de yacht. Et mes intestins crient !
Je paie mon thé immédiatement et m’enfuie en m’excusant.
La côte est sévère, mais j’en ai vu d’autres et je trouve rapidement mon rythme de croisière rattrapant même un jeune adolescent de la région. Il est très zen et serviable et veut évidemment m’inviter chez lui pour que je puisse rencontrer toute sa famille. Le détour est de taille, et je ne me sens pas l’énergie d’affronter les batteries de questions qui salueront ma visite. Je décline poliment, il m’indique le nom d’un lodge où je pourrai passer la nuit, « it’s my cousin’ lodge ».
J’atteins cette maison ou une autre, en tout cas c’est un gîte, en fin d’après-midi alors que le soleil commence à disparaître derrière les cimes.
Une poignée de mâles sont à l’extérieur, autour du feu en train de discuter et de boire du thé.
« Hello friend, you looking room? »
Il y a trois chambres disponibles, je négocie aimablement un prix incluant le dîner et j’essaie de choisir la moins pire. Enfin celle avec le moins de mouches. Elles sont partout, par milliers, l’endroit n’a pas si l’air si sale pourtant. Les supporter va être un yoga certain et tenter une sieste en leur compagnie ne sera certainement pas reposant
Je rejoins mes hôtes qui m’offrent un thé. Je n’ai pas envie de parler, je m’installe sur la terrasse et observe, le village, le paysage. La vue est belle, mais un certain malaise s’installe en moi. Je suis maintenant en plein cœur de l’Himalaya, à 2400m et l’organisation de la vie et des travaux est ici très défavorable à la gente féminine. Et c’est un euphémisme.
Ca va faire 2 heures que je regarde et j’ai vu les femmes revenir des plantations portant des dizaines de kilo de légumes sur leur dos et tête, laver la terrasse, laver les chambres, laver le linge, faire la cuisine et se faire gueuler dessus par des hommes trop occupés à brasser du vent en buvant du thé et en fumant des clopes… Je les prends sérieusement en grippe ; si la condition de la femme n’est pas terrible en général en Inde, je n’avais jamais assisté à de telles scènes.
Je regrette d’être chez eux et je le montre ouvertement, les ignorant carrément, je n’ai plus non plus envie de passer la soirée avec eux et ils le comprennent vite, me laissant seul dans le lodge, et m’amenant bien tard mon dîner. Je brûle tout le bois que je puisse trouver pour me réchauffer, seul avec la lune. Les sommets sont argentés, c’est magnifique et je relativise ma colère.
Je suis couché à 9 :00. Je dors tout habillé, avec mon bonnet et trois couvertures. C’est la première nuit ou mes problèmes digestif me laisse tranquille, heureusement car les toilettes sont bien loin dehors et l’eau serait solide si elle ne coulait pas.
chap VI
Je me réveille avant l’aube. Un bout de bleu nuit apparaît rapidement dans le ciel. C’est parti sans plus attendre pour Dodital, je n’ai de toutes façons pas envie de revoir les bobos de la veille, je me ferai un petit déjeuner à la première occasion.
Quand le soleil se lève enfin complètement, je suis au milieu de merveilleux paysages. Rhododendrons, chutes d’eau, zoiseaux multicolores de toutes les tailles, c’est un petit paradis… sauf que ça caille…Et même en plein soleil et en marchant.
Ici, au bord de la rivière, une hutte désertée pour l'hiver, avec un four, à l’abri du vent. J’en profite pour faire un feu et préparer un paquet de noodles, du thé.
Et je reste là, béat, hypnotisé par les fleurs, les odeurs, les couleurs, me laisse emporter par le son de l’eau qui coule, clairsemé de chants d’oiseaux et d’appels de singe. La scène est parfaite, comme dans un rêve, le temps n’est plus. Les animaux me souhaitent la bienvenue, la montagne est pliée en quatre, c’est le soleil qui la fait rire... Je divague et ça n’est pas désagréable.
Puis je cède à mon système – qui n’a d’ailleurs plus rien de systématique – digestif et repart enfin.
Après ce petit trip, et moins fasciné par le paysage, je monte, vite, en regardant devant, tout droit. Peu de surprises jalonnent le trek, sinon trois énormes espèces de d’oies sauvages au cou bleu rougeâtre et aux ailes psychédéliques qui s’envolent juste au dessus du chemin, juste avant mon passage à et à cinquante mètres d’intervalle. Puis ce grand singe, il se tient debout, il semble pacifique et serein, il ressemble à un guetteur. Il est perché au sommet d’un passage surélevé, observant mon avancé et s’éloignant facilement alors que j’approche difficilement pour le photographier. Encore une photo de singe raté, il ne se remontrera plus.
Derrière le paysage change encore, une prairie… Et mon chemin qui se sépare en deux… Ma carte de l’endroit est trop peu précise, elle ne mentionne pas ce croisement. C’est une pause forcée.
En observant les alentours, je découvre des champs terrassés dans le contrebas, sur le pan de montagne en face. C’est là que part le chemin de droite, je prends le gauche, c’est évident, je connais trop bien la montagne, je suis génial, ah quel guide je ferai.
Une heure plus tard, il me faut me rendre à l’évidence, je viens de faire un détour aussi inutile qu’épuisant de plus de trois quarts d’heure. Je fais une nouvelle pause et un pétard pour me consoler de mon manque de discernement.
Les heures passent et les enfilades dans la montagne s’enchaînent sans fin, j’accélère. Et vient la neige, dans les passages nord. Je commence à regretter mes tongs, ici particulièrement : un renfoncement, un bout de chemin effondré, deux troncs de 20cm de diamètre enveloppés de neige gelée et faisant office de pont, en dessous la pente, à peine raide bien sûr.
Dans ce cas-là, seul, on fait plus le malin et on s’assure comme on peut. Autrement dit, passage de l’obstacle à quatre pattes lentement après avoir jeté le sac de l’autre côté… Sans soucis…
Enfin, et cette fois j’en mets ma main bientôt gelée à couper, j’y suis. Là-bas, au bout ça s’élargit, et derrière ça semble plat.
Mais, tiens un petit temple dans ce virage. C’est habité, de la braise encore fumante s’y trouve, mais personne…. On m’avait parlé d’un saddhu à Dodital, mais pas avant…
Je continue et effectivement, ça commence à y ressembler, j’arrive sur un plateau. Tout vert coté sud, tout blanc coté nord, au dessus des sapins, et la rivière, bleue et cristalline coule au milieu. J’avance toujours, elle s’élargit, ainsi que le terrain toujours plus vert, ce n’est plus une rivière, c’est un petit lac cerné par des sommets.
C’est, très consentant que je me prends une claque de beauté pure. Alors que midi approche, je jubile à 3300 mètres.
Par mic
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Publié dans : longs
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